EXTRAIT
DU REGISTRE DES DELIBERATIONS DU CONSEIL
MUNICIPAL
MIREFLEURS
le 28 MARS 1872
FRANCON-CHAMPCLAUX, Maire
DEMANDE
DE RETABLISSEMENT DE 3 FOIRES
En présence
des Conseillers Municipaux et des
"contribuables les plus imposés".
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Monsieur le Maire, président
du Conseil, ayant ouvert la séance fait l'appel
nominal et. fait l'exposé suivant:
Mirefleurs est habité par
une population robuste et vigoureuse, qui s'adonne
aux durs labeurs de l'agriculture, qui va cultiver
jusque sous le "puie" de Saint Romain,
à plus de 800 mètres au dessus du
niveau de la mer, des champs dont les récoltes
font l'admiration des étrangers.
Le territoire produit en abondance
du vin, du blé, du seigle, de l'avoine,
du chanvre, des fruits, de belles prairies vergers
sont plantées d'arbres dont les fruits
en automne revêtent une couleur d'or, le
vin est l'un des plus estimé du département:
la plupart des gourmets donnent le premier rang
à celui de "Champturgue" mais
tous se sont accordés à donner le
second à celui de Mirefleurs pour le "Coteau
d'Eparoux".
C'est encore de ce terroir que
vient le premier fruit du printemps dont: la couleur
vermeille "recrée" (réjouis)
autant la vue que sa fraîcheur et son onctuosité
flattent le goût, dont tous, petits ou grands,
nous sommes également friands, la cerise.
Les premières qui paraissent à Clermont
viennent de Mirefleurs qui possède sans
rival le monopole de cette production. Plusieurs
familles de la localité se sont enrichies
dans ce commerce.
La pomme, la cerise ne sont pas
les seuls fruits du pays: il n'y a pas de vigne
qui n'ait pas son pêcher. A l'automne, la
pêche est si abondante qu'elle jonche le
sol. Les noyers séculaires étendent
vers le ciel leurs branches élevées,
bordant les chemins et donnent une huile très
recherchée.
La poire à aussi sa place
parmi cette grande diversité de fruits.
On cultive le cognassier, l'abricotier croît
dans les jardins, le prunier en plein champ. On
ne tire souvent aucun profit de ces fruits, faute
de moyens d'écoulement.
Les habitants se livrent à
l'industrie et au commerce avec autant d'activité
qu'à la vie agricole. De nombreux ouvriers
exploitent utilement leurs métiers.
Plusieurs maîtres maçons
et charpentiers se chargent des constructions,
un maître plâtrier les décore,
il y a un ébéniste pour les meubler.
Trois maréchaux?ferrants, un serrurier
font retentir le marteau sur l'enclume, broyant
le fer, fabriquant les instruments aratoires.
Trois boucheries, trois boulangeries importantes,
où accourent s'approvisionner les habitants
des villages de la Roche?Noire, Saint Georges,
Ceyssat, Lignat, Busséol, Saint Maurice,
assurent l'alimentation.
Cinq magasins où l'on vend les produits
les plus variés, depuis la draperie jusqu'aux
denrées coloniales, depuis les plus minimes
objets de la mercerie, jusqu'aux plus volumineux
de la quincaillerie, ne désemplissent pas
de chalands du pays ou des localités voisines.
Cinq auberges sont constamment
ouvertes pour offrir aux voyageurs une hospitalité
empressée.
Un grand nombre d'autres ouvriers
exploitent différents métiers, des
maîtres charrons, des maîtres bottiers
ou cordonniers, des maîtres tailleurs etc.
Il y a en outre, deux pressoirs à huile,
quantité de pressoirs à vins.
La population de Mirefleurs ne
suffirait pas à elle seule à entretenir
autant de commerces et d'industries. Les communes
voisines, qui ne possèdent pas ces éléments,
viennent à Mirefleurs les chercher.
Voilà les causes de l'importance
de Mirefleurs, qui dans la sphère où
elle est placée, est un centre. Il n'a
rien a envier sous ce rapport aux petites villes,
beaucoup de chefs lieux de canton en seraient
même jaloux.
Malgré tous ces éléments
de prospérité, l'activité
n'est pas assez encouragée, un vice radical
les paralyse. Ce qui manque c'est la voie, le
moyen de rendre l'échange plus rapide,
plus prompt, l'écoulement plus étendu,
plus varié, la vente plus assurée,
c'est à dire un marché, une foire.
En même temps que Mirefleurs
fut érigé en chef lieu de canton,
l'administration voulu qu'il occupa dignement
son rang: elle lui donna trois foires qui se tenaient
les 26 mai, 26 août et le 2 novembre de
chaque année, il eût même comme
les grandes villes, un marché, le mardi
de chaque semaine.
Les traditions de l'époque
rapportent que ces foires avaient lieu non seulement
au grand avantage de la localité, mais
encore de celles qui l'environnent. Malgré
leur nouveauté, elles étaient très
courues, très fréquentées.
Il s'y faisait des transactions
importantes en céréales, graines,
fruits et légumes de toutes sortes et autres
denrées alimentaires, chanvre, échalas
(pieux pour la vigne), osier, bois,?????, ustensiles
de ménage, instruments aratoires, voire
même, bêtes à laine et à
cornes, porcs et objets de quincaillerie, coutellerie,
mercerie, chapellerie, toute espèce de
"tysus" de laine, fils et coton, enfin
tous les objets qui font le sujet d'échange
et ventes dans les foires de la contrée.
Les affaires qui se traitaient
aux foires et "au marché" de
Mirefleurs représentaient déjà
un chiffre élevé, tout faisait présager
que grâce à leur concours et à
la prospérité qu'elle apportaient
dans le pays, Mirefleurs conserverait le rang
qui lui était du et l'importance qu'il
avait.
Mais sentant les troubles qui précédèrent
ou suivirent la terreur, à cette époque
où l'on était tout à la politique
et rien au commerce, les foires et marchés
de Mirefleurs cessèrent d'être suivis
aussi assidûment et par la négligence
de la municipalité contemporaine, soit
par défaut de sollicitude de l'Administration
supérieure, elle finirent par tomber en
désuétude.
Cinq magasins où l'on vend les produits
les plus variés, depuis la draperie jusqu'aux
denrées coloniales, depuis les plus minimes
objets de la mercerie, jusqu'aux plus volumineux
de la quincaillerie, ne désemplissent pas
de chalands du pays ou des localités voisines.
Cinq auberges sont constamment ouvertes pour offrir
aux voyageurs une hospitalité empressée.
Un grand nombre d'autres ouvriers exploitent différents
métiers, des maîtres charrons, des
maîtres bottiers ou cordonniers, des maîtres
tailleurs etc. Il y a en outre, deux pressoirs
à huile, quantité de pressoirs à
vins.
La population de Mirefleurs ne suffirait pas à
elle seule à entretenir autant de commerces
et d'industries. Les communes voisines, qui ne
possèdent pas ces éléments,
viennent à Mirefleurs les chercher.
Voilà les causes de l'importance de Mirefleurs,
qui dans la sphère où elle est placée,
est un centre. Il n'a rien a envier sous ce rapport
aux petites villes, beaucoup de chefs lieux de
canton en seraient même jaloux.
Malgré tous ces éléments
de prospérité, l'activité
n'est pas assez encouragée, un vice radical
les paralyse. Ce qui manque c'est la voie, le
moyen de rendre l'échange plus rapide,
plus prompt, l'écoulement plus étendu,
plus varié, la vente plus assurée,
c'est à dire un marché, une foire.
En même temps que Mirefleurs fut érigé
en chef lieu de canton, l'administration voulu
qu'il occupa dignement son rang: elle lui donna
trois foires qui se tenaient les 26 mai, 26 août
et le 2 novembre de chaque année, il eût
même comme les grandes villes, un marché,
le mardi de chaque semaine.
Les traditions de l'époque rapportent que
ces foires avaient lieu non seulement au grand
avantage de la localité, mais encore de
celles qui l'environnent. Malgré leur nouveauté,
elles étaient très courues, très
fréquentées.
Il s'y faisait des transactions
importantes en céréales, graines,
fruits et légumes de toutes sortes et autres
denrées alimentaires, chanvre, échalas
(pieux pour la vigne), osier, bois,?????, ustensiles
de ménage, instruments aratoires, voire
même, bêtes à laine et à
cornes, porcs et objets de quincaillerie, coutellerie,
mercerie, chapellerie, toute espèce de
"tysus" de laine, fils et coton, enfin
tous les objets qui font le sujet d'échange
et ventes dans les foires de la contrée.
Les affaires qui se traitaient
aux foires et "au marché" de
Mirefleurs représentaient déjà
un chiffre élevé, tout faisait présager
que grâce à leur concours et à
la prospérité qu'elle apportaient
dans le pays, Mirefleurs conserverait le rang
qui lui était du et l'importance qu'il
avait.
Mais sentant les troubles qui précédèrent
ou suivirent la terreur, à cette époque
où l'on était tout à la politique
et rien au commerce, les foires et marchés
de Mirefleurs cessèrent d'être suivis
aussi assidûment et par la négligence
de la municipalité contemporaine, soit
par défaut de sollicitude de l'Administration
supérieure, elle finirent par tomber en
désuétude.
Si les foires et les marchés
étaient rétablis, ce ne serait donc
pas une innovation. Ils ont existé, ils
ont fonctionné: le rétablissement
ne jetterait pas le trouble dans la contrée,
il ne porterait en rien, préjudice aux
foires des villes voisines dont l'importance est
à (abri de toute atteinte, il ne nuirait
nullement à leurs intérêts
et en revanche, il serait utile, profitable, avantageux
non seulement à Mirefleurs, mais même
aux communes qui l'avoisinent et qui ont un intérêt
aussi direct que Mirefleurs lui même.
Du reste que cette demande de Mirefleurs aujourd'hui
n'est pas une innovation, c'est un droit qui lui
a appartenu et qu'il n'a pas laissé périmer
ni prescrire, ainsi que le prouvent les délibérations
du Conseil Municipal en date du 11 mai 1845 et
d'une demande adressée dans le courant
de l'année 1856.
Monsieur le Président a fait observer,
que dans le choix des jours de foire, il fallait
éviter avec soin de les faire coïncider
avec (époque à laquelle celles des
villes voisines ont lieu. Il a donc proposé
le rétablissement de trois foires dont
la première se tiendrait le 18 janvier,
la seconde se tiendrait le 1' mai et la troisième
le 23 octobre de chaque année.
Le Conseil Municipal, après
avoir délibéré:
- considérant que le
rétablissement de foires à Mirefleurs
faciliterait l'écoulement et la vente de
ses nombreux produits,
- qu'elles donneraient à son commerce l'activité
qu'il avait autrefois et lui conserverait l'importance
qu'il est menacé de perdre chaque jour,
- que les foires, si elles devenaient prospères
pourraient être pour la commune une source
de revenus et seraient pour le pays un bienfait
inestimable,
- que du reste, ce que demande Mirefleurs n'est
pas une o CRÉATION », c'est une «
RESTITUTION », la restitution d'un droit,
d'un usage, qui lui a appartenu.
- Emet l'avis que cette demande
est opportune, très utile aux intérêts
de la commune, qu'elle rallie un accord unanime
le désir, l'assentiment de tous le habitants,
- et applaudissant à l'initiative de Monsieur
le Maire, lui confie la mission défaire
parvenir la demande à Monsieur de Préfet,
et de prier cet honorable fonctionnaire de l'appuyer
avec sa sollicitude et sa bienveillance coutumière.
Fait et délibéré
à Mirefleurs les jours, mois et an que
dessus et ont signés, les autres contribuables
ayant déclaré ne savoir le faire.
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